Salam à tous les lecteurs de ce message.
Je souhaiterai partager un problème afin d'avoir un avis éclairé.
Est-il permis à un musulman ( garçon) d'habiter en colocation avec un (ou des ) non-musulmans (garçons uniquement)?
Sachant que chaun dispose de sa chambre, chacun fait ses repas etc. Je pose la question car il peut arriver que les autres achetes des produits haram ( viande non hallal, alcool etc.) pou leur consomtion.
Pour infos, travailant ou étudiant toute la journée et rentrant chcun chez soi les week end, la cohabitation "réelle" ne se fait qu'1 h ou 2 le soir.
2ème question, si je suis le propriétaire de l'appartement ( ou un musulman en tout cas) cela agravet-il la situation ?
Merci pour vous avis, ou toute réorientation vers des sachants
Bonne journée
Tabamine
29/03/2010, 21h12
salam aleykoum chere frere. je me suis renseigne et la reponse que j ai recu de l imam est que dans le cas que tu cites, tu ne peux faire la colocation avec un non-musulman.wa allahou alam
Salam,
Merci pour ta réponse, peux tu m'en dire plus la réponse que tu as obtenu ? Quelle est la raison de cet interdit, car tu dis , "dans le cas que tu cite", y'a t il d'autres cas ?
Merci pour tes precisions.
Tabamine
10/04/2010, 22h06
Waleykoum salam.dans le cas que tu cites, ce n est pas le fait qu il soit non-musulman qui gene, mais les actes interdits auquels tu pourrais etre expose. par exemple il n est pas permis a un musulman de se restaurer dans un quick qui sert de l alcool, quand bien meme lui il y va pour manger du halal. donc si ton colocataire n utilise pas l alcool, c est different s il en consomme.
désaveu du taghout
11/04/2010, 12h57
Celui qui se trouve en présence de celui qui commet un acte blâmable est comme lui
(càd : comme s’il l’avait commis)
Le musulman doit se désavouer du taghout, des fausses divinités, des fausses croyances et de leurs adeptes et de tout acte blâmable.
Ainsi, si vous vous trouvez, au milieu de personnes qui sont en train d’adorer un autre qu’Allah, et que vous ne manifestez pas votre désaveu vous serez considéré comme eux, car cela sera considéré comme une acceptation de leurs fausses croyances.
« Dans le Livre, il vous a déjà révélé ceci : lorsque vous entendez qu’on renie les versets (le Coran) d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux. Allah rassemblera, certes, les hypocrites et les mécréants, tous, dans l'Enfer » (sourate 4 verset 140)
De ce verset on comprend que lorsqu’il y a des gens qui renient les versets d’Allah en adorant un autre que lui par exemple, on doit manifester notre désaveu en nous écartant d’eux (au minimum) car si on ne le fait pas on sera comme eux, comme Allah le dit: "Sinon, vous serez comme eux".
Al Qourtoubi, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit en interprétant ce verset : « Les propos du Très Haut : « ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation » signifie jusqu’à ce qu’ils entreprennent un discours exempt de mécréance. « Sinon, vous serez comme eux. …» Cela indique qu’il faut s’éloigner de ceux qui commettent des péchés s’ils commettent un acte répréhensible. Car celui qui ne s’éloigne pas d’eux approuve leur conduite. Or l’approbation de la mécréance relève de la mécréance. C’est pourquoi Allah le Puissant et Majestueux dit : « Sinon, vous serez comme eux. » Toute personne qui assiste à une assemblée où on désobéit à Allah sans se désavouer de leur comportement c’est comme s’il avait commis le même péché. Il convient de désapprouver les propos et actes qui impliquent le péché. Si on ne peut pas désapprouver les comportements condamnables des autres participants à une assemblée, on doit les quitter pour ne pas tomber sous le coup de ce verset.»
Hicham ibn ‘Urwa rapporte que ‘Umar Ibn ‘Abdal ‘Aziz [le huitième calife Omeyyade] fit arrêter un groupe de gens qui était en train de s’adonner à la boisson, et les mis à la bastonnade. Or parmi eux, il y avait un jeûneur qui, par conséquent, n’avait rien consommé.
Comme on faisait remarquer la chose à ‘Umar celui-ci répondit en récitant ce verset : « ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux ».
Le Calife, qu’Allah lui fasse miséricorde, a donc considéré le jeûneur comme un buveur, par le simple fait de sa présence parmi ceux-ci.
On comprend ainsi que toute personne qui se trouve en présence de celui qui commet du shirk sans s’en désavoué sera comme lui c’est à dire un mushrik; de même celui qui se trouve avec quelqu’un qui commet un pêché sans s’en désavouer sera comme s’il avait lui-même commis ce pêché.
Dans la sounnah de notre Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) il y a de nombreux exemples qui confirment cette règle.
Anas ibn malik rapporte dans un hadith concernant la médisance : « l’un d’eux dit à l’autre: "cet homme est un grand dormeur, c’est comme s’il dormait dans sa maison" ». Ainsi le premier a parler et le second n’a fait qu’écouter (en approuvant). Cela n’a pas empêché le Prophète (salla Allahou ‘alayhi wa salam) de leur dire à tous d’eux : « Vous avez déjà mangé » en ajoutant « par celui qui tient mon âmes en sa main, je vois sa chaire entre vos dents ». (Rapporté par ad-Diya al-Maqdissi)
Jabir ibn ‘Abdillah a dit : « Le messager d’Allah a maudit celui qui mange de riba, celui qui lui donne à manger, celui qui écrit (le contrat) et celui qui y assiste », il dit : « Ils sont égaux » (Rapporté par Muslim).
Ces hadith sont une preuve qui montre que si une personne se trouve avec quelqu’un qui commet un acte blâmable sans s’en désavouer alors c’est comme s’il avait lui-même commis cet acte.
Concernant le verset 140 de la sourate 4 cité plus haut As-Sa‘di a dit : « Il en est de même de l’assistance aux assemblées marquées par la désobéissance et la débauche et au cours desquelles les prescriptions et les proscriptions divines sont foulées au pied et les limites établies par Allah au profit de Ses serviteurs violées. L’interdiction de rester dans une telle assemblée s’appliquera jusqu’à ce que ses membres : « ne vous asseyez point avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation.» C’est-à-dire qu’ils s’occupent d’autres choses que le rejet des versets d’Allah tournés en dérision. «Sinon, vous serez comme eux » Si vous restez avec eux malgré leur attitude [… ] Car vous acceptez leur mécréance et leur moquerie. Or celui qui approuve un acte de désobéissance est comme son auteur. »
Voir Tafsir de Sa‘di, p. 217.
Réponse à l’ambiguïté :
Certains ignorants ramènent le hadith suivant pour permettre de rester avec ceux qui commettent des actes blâmables : « Que celui d’entre vous qui voit un mal le change par sa main. S’il ne le peut pas, qu’il le dénonce verbalement. S’il ne le peut pas, qu’il le désapprouve dans son cœur. Ceci correspond au plus faible degré de la foi. » (Rapporté par Mouslim)
Ainsi, de ce hadith ils en déduisent que l’on peut rester en présence de ceux qui commettent des actes répréhensibles si on désapprouve avec notre cœur ce qu’ils font.
Ces gens n’ont pas compris ou ignorent ce qu’implique le désaveu avec son cœur.
Si le degré le plus bas de la foi est effectivement la désapprobation du cœur, il faut savoir que parmi ses implications il y a l’abandon de la compagnie de celui qui commet l’acte blâmable.
La preuve de ceci se trouve dans la parole d’Allah :
« Quand tu vois ceux qui pataugent dans des discussions à propos de Nos versets, éloigne-toi d’eux jusqu’à ce qu’ils entament une autre discussion. » (S6/V68).
Il y a également une preuve dans ce hadith du Prophète (‘alayhi salat wa salam): « Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il ne s’assoie pas à une table où l’alcool est bu » (Rapporté par ad-Darimi, Ahmed et at-Tirmidhi).
Ainsi, on comprend que devant un acte répréhensible, si on ne peut pas s’en désavouer en le changeant par la main ni la langue, alors le minimun c’est de le désapprouver avec son cœur et de montrer son désaveu en s’écartant de ceux qui le commettent, car si on ne manifeste pas son désaveu alors notre présence par ceux-ci sera traduit comme une approbation.
Concernant le verset 140 de la sourate 4, at-Tabari a dit: « dans la même perspective, la plupart de ceux qui nous ont précédés considèrent que ce verset constitue une interdiction de rester témoin d’une chose fausse et de rester en présence des gens la disant, tant qu’ils en parlent »
Réponse à l’ambiguité concernant la parole d’ibn Taymiya
Certaines personnes se basent sur des propos d’ibn Taymiya pour autoriser la présence au milieu de ceux qui commettent du koufr ou du shirk.
Nous allons, afin d’éclaircir ce point, vous citer les paroles d’ibn Taymiyah concernant le verset 140 de la sourate 4 :
L’imam ibn Taymiya a écrit, en commentaire de ce verset : « Il n’est pas permis à quelqu’un d’être présent en des lieux où il assiste à des péchés alors qu’il ne peut pas les condamner. Sauf pour une raison valable, comme le fait qu’il y ait là-bas quelque chose dont il a besoin pour l’intérêt de sa religion ou un intérêt temporel et pour lequel il a besoin (darurah) d’y assister ou qu’il y soit contraint (ikrah) ; par contre, y assister pour le simple divertissement n’est pas autorisé. » (Majmou‘ Fatawa 28/239); …
[…]
« Ceci signifie qu’il ne doit pas assister aux péchés sans aucun besoin, comme (le fait) qu’il s’assiérait auprès de gens qui boivent de l’alcool (...) » (Majmou‘ Fatawa 28/204).
Sa fatwa concerne donc ici une autorisation à assister au pêché en cas de nécessité ou de contrainte, mais ne concerne pas le fait d’assister à du koufr ou du shirk, voyez bien là la différence, car dans ce cas, seule la contrainte permettrait d’y assister.
Ainsi, la peur, le besoin, la perte d’argent et toute chose du même titre qui ne rentre pas dans la contrainte (ikrah), n’excuse pas la personne qui montrera son accord par sa présence, à tout acte de koufr ou de shirk.
L’imâm Soulaymân ibn ‘Abdallah ibn Mouhammad ibn ‘Abdelwahab a dit :
« Sache, qu’Allah te fasse miséricorde, que lorsque l’homme fait semblant d’être d’accord avec la religion des idolâtres par peur d’eux, par flatterie ou par courtoisie afin de se préserver de leur mal, alors c’est un mécréant comme eux, même si en réalité il déteste leur religion et les déteste, et qu’il aime l’islam et les musulmans. » [Houkm mouwalât Ahli Ishrak]
source : http://www.des-tenebres-vers-la-lumiere.com/
Tabamine
12/04/2010, 21h18
baraka allahou fik pour ce excellent document.
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