Tabamine
28/06/2010, 16h35
l’étude épidémiologique interphone, dont l’objectif a été d’étudier s’il existe une relation entre l’usage du téléphone mobile et les tumeurs de la tête, a été coordonnée par l’unité de recherche sur les rayonnements (docteur elisabeth cardis) du centre international de recherche sur le cancer (circ). cette étude a regroupé les données de treize pays : france, royaume-uni, allemagne, italie, danemark, suède, norvège, finlande, canada, japon, nouvelle-zélande, australie, israël. les équipes nationales ont participé à toutes les étapes de l’étude lors des réunions de discussion, au moins annuelles, et aux différents groupes de travail cette étude a concerné les pathologies suivantes : gliome du cerveau (tumeur maligne cérébral), méningiome cérébral (tumeur bénigne), neurinome du nerf acoustique (tumeur bénigne) et tumeur de la parotide (tumeur salivaire maligne). le groupe d’étude interphone a publié ses résultats dans l’international journal of epidemiology. cet article présente les résultats des analyses des risques de tumeurs cérébrales (gliome et méningiome) associés à l’utilisation des téléphones portables dans tous les centres d’étude interphone combinés. interphone a ainsi démarré en 2000 sous forme d’un ensemble d’études cas-témoins internationales menées dans 13 pays à travers le monde se concentrant sur quatre types de tumeurs dans les tissus qui absorbent le plus l’énergie des radiofréquences (rf) émise par les téléphones portables, à savoir les tumeurs du cerveau (gliomes et méningiomes), du nerf acoustique (schwannome) et de la glande parotide. l’objectif était de déterminer si l’utilisation du téléphone portable augmentait le risque de ces tumeurs. interphone est à ce jour la plus grande étude cas-témoins menée sur les rapports entre l’utilisation du téléphone portable et les tumeurs cérébrales, et elle réunit le plus grand nombre d’utilisateurs cumulant au moins 10 années d’exposition. le groupe d’étude interphone a résumé ses principaux résultats comme suit : “un odds ratio (l’odds ratio -or- est une mesure du risque relatif: un or de x signifie que les personnes exposées ont x fois le risque des personnes non exposées) en dessous de 1.0 lié au fait d’avoir jamais été un utilisateur régulier de téléphone portable a été observé pour les gliomes (or = 0,81; ic (intervalle de confiance) à 95%, 0,70−0,94) et pour les méningiomes (or = 0,79; ic à 95%, 0,68−0,91), reflétant peut-être un biais de participation ou d’autres limites méthodologiques. aucune augmentation d’or n’a été observée ≥ 10 années après la première utilisation de téléphone portable (gliome : or = 0,98; ic à 95%, 0,76−1,26; méningiome : or = 0,83; ic à 95%, 0,61−1,14). les or étaient < 1,0 pour tous les déciles du nombre total d’appels téléphoniques au cours d’une vie et pour neuf déciles du temps d’appel cumulé. dans le dixième décile (le plus élevé) du temps d’appel cumulé rapporté pas les sujets de l’étude, ≥1640 heures, l’or était de 1,40 (ic à 95%, 1,03−1,89) pour les gliomes, et de 1,15 (ic à 95%, 0,81−1,62) pour les méningiomes, mais il y a dans ce groupe des valeurs non plausibles d’utilisation déclarée. les or pour les gliomes tendaient à être plus élevés dans le lobe temporal(région du cerveau située le plus près de l’oreille) que dans les autres lobes du cerveau, mais les ic autour des estimations pour les différents lobes spécifiques étaient larges. les or pour les gliomes tendaient à être plus élevés, chez les sujets ayant signalé une utilisation habituelle du téléphone du même côté de la tête que celui de leur tumeur, plutôt que du côté opposé“. le groupe d’étude interphone a conclu par le message clé suivant : un or plus faible pour les gliomes et les méningiomes lié au fait d’avoir jamais été un utilisateur régulier de téléphone portable peut refléter un biais de participation ou d’autres limitations méthodologiques. aucun or élevé pour les gliomes ou les méningiomes n’a été observé ≥10 ans après la première utilisation de téléphone portable. un risque accru de gliomes, et dans une bien moindre mesure de méningiomes, a été suggéré dans le plus haut décile de temps d’appel cumulé, pour les sujets ayant déclaré une utilisation habituelle du téléphone du même côté de la tête que celui de leur tumeur et, pour les gliomes, des tumeurs dans le lobe temporal. les biais et les erreurs limitent la force des conclusions que l’on peut tirer de ces analyses et empêchent d’établir une interprétation causale. la majorité des sujets n’étaient pas des utilisateurs intensifs de téléphones portables selon les normes actuelles. Le temps d’appel cumulé médian sur toute la durée de la vie était d’environ 100 heures, avec une médiane de 2h à 2h30 d’utilisation mensuelle rapportée. le point de coupure pour les 10% d’utilisateurs les plus intensifs correspond à environ une demi-heure par jour (1640 heures sur toute la vie), étalé sur 10 ans. aujourd’hui, l’utilisation du téléphone portable est devenue beaucoup plus répandue et il n’est pas rare que les jeunes utilisent leurs téléphones portables une heure ou plus par jour. cette utilisation croissante est toutefois tempérée par la diminution des émissions, en moyenne, des téléphones utilisant une technologie plus récente, et par l’utilisation croissante des “textos“ et des opérations mains-libres qui permettent de garder le téléphone éloigné de la tête. le dr christopher wild, directeur du centre international de recherche sur le cancer (circ), a déclaré : “les données d’interphone ne permettent pas de mettre en évidence un risque accru de cancer cérébral. cependant, les observations au plus haut niveau du temps d’appel cumulé et l’évolution du mode d’utilisation des téléphones portables depuis la période étudiée par interphone, notamment chez les jeunes, font qu’il est souhaitable de poursuivre l’étude de l’utilisation du téléphone portable et du risque de cancer cérébral”. le professeur elisabeth cardis a déclaré que “l’étude interphone se poursuivra avec d’autres analyses de l’usage du téléphone portable et des tumeurs du nerf acoustique et de la glande parotide”. elle a ajouté : “en raison de préoccupations liées à l’augmentation rapide de l’utilisation du téléphone portable chez les jeunes (qui n’étaient pas couverts par interphone) un nouveau projet, baptisé mobikids, financé par l’union européenne, étudiera le risque de tumeurs cérébrales lié à l’utilisation du téléphone portable dans l’enfance et l’adolescence”. le circ a prévu une revue complète du potentiel cancérogène de l’utilisation des téléphones portables, sous les auspices de son
programme des monographies. cette revue, qui aura lieu du 24 au 31 mai 2011, examinera toutes les données épidémiologiques et expérimentales publiées, y compris les nouvelles données de l’étude interphone. source: oms.
programme des monographies. cette revue, qui aura lieu du 24 au 31 mai 2011, examinera toutes les données épidémiologiques et expérimentales publiées, y compris les nouvelles données de l’étude interphone. source: oms.