Mouslim60
08/08/2009, 09h39
Khadidjah bint Khouwaylid: Khadidjah bint Khouwaylid est née en 68 avant l’Hégire. Elle est la fille de Khouwaylid Ibn Asad et de Fatima bint Zaidah.
Elle avait développé par son éducation des traits de caractères dignes d’éloges et était connue et appréciée pour son intelligence, sa pudeur et sa sagesse, au point que l’on commença à l’appeler «Tâhirah» (la pure).
C’était une femme d’affaire accomplie, qui avait bâti sa fortune par l’intermédiaire de quelques hommes qui faisaient du commerce pour son compte. Elle fut d’abord mariée à Abou Hâlah Ibn Zourarah des Banou Tameem et fut mère de deux garçons, dont l’un mourut à la bataille d’al-Jamal, en combattant aux côtés d’Ali. Elle entendit parler de l’honnêteté et de la générosité du Messager de Dieu.
Un jour, Abou Tâlib dit à son neveu : «Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadidjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté.»
Khadîdja le fit chercher et lui proposa de se rendre avec sa fortune à Achaam (région de la Syrie) pour faire du commerce. En contrepartie, elle lui donnerait plus qu’elle donnait aux autres hommes qui travaillaient pour elle. Elle enverrait aussi avec lui un de ses jeunes serviteurs du nom de Maysara. Le Messager de Dieu accepta et partit avec sa fortune et son serviteur, Maysara, jusqu’à ce qu’il atteignit Achaam. Là il vendit les articles avec lesquels il était parti et acheta ce qu’il désirait acheter pour le compte de Khadîdja. Accompagné de Maysara, il embarqua pour la mecque avec une caravane. Les transactions qu’il fit rapportèrent deux fois plus de profit que le profit habituel... et le salaire qu’il reçut de la part de Khadidja fut le double du salaire qu’elle donnait d’habitude. Lorsque Maysara rapporta à Khadidja ce qu’il avait vu du caractère de Mohamed, elle le fit chercher.
Elle lui dit :
«Ô cousin, vraiment, je t’apprécie en raison des liens familiaux qui nous unissent, de l’incontestable noblesse de tes origines, de ton honnêteté et de ta sincérité, mais aussi pour l’intégrité de ton caractère et la véracité de tes propos.»
Et elle lui proposa le mariage. Le Messager de Dieu en fit part à ses oncles. Hamza vint avec lui et ils appelèrent Khouwaylid qui dit (en ce sens) : «Il est fort, rien ne peut l’atteindre.» (Il exprima de la sorte son approbation pour le mariage...)
Ainsi, le Messager de Dieu l’épousa et lui donna une dot de 20 chameaux.
Elle était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25. Elle fut sa première épouse. Le Prophète Mohamed ne prit aucune autre femme tant qu’elle fut en vie.
Elle lui donna 6 enfants : Al-Qaasim, Abdallah (surnommé Tayyib (le bon) et Tâhir (le pur)), Zaynab, Rouqqayyah, Oum Koulthoum, et Fatima.
Quand le Prophète reçut la mission prophétique, elle fut la première à croire en Dieu et en son Messager Mohamed ; elle fut la première à croire en ce que Son Seigneur lui envoya et le soutint dans sa mission. A chaque fois que le Prophète n’était confronté à des propos détestables de la part des polythéistes qui ne croyaient pas en son message, Dieu le consolait à travers Khadîdja. Celle-ci atténuait ainsi la tristesse que provoquait chez le Messager l’attitude (de refus et de rejet) dont il était témoin de la part des gens. Selon Aicha, la Mère des Croyants, le commencement de l’Inspiration Divine («Wahiy») à l’Envoyé de Dieu prit la forme de rêves pieux, qui se révélaient véridiques comme la clarté du jour... Ensuite, l’amour de la solitude lui fut donné.
Il se retirait, seul, dans la grotte de Hira, où il adorait Dieu Unique continuellement pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il désirait voir sa famille. Il prenait avec lui des provisions pour son séjour. Puis, il revenait vers sa femme Khadîdja pour en reprendre de la même façon, quand soudainement la Vérité descendit à lui alors qu’il se trouvait dans la grotte.
L’ange vint à lui et lui demanda de lire. Le Prophète répondit «Je ne sais pas lire.» Le Prophète ajouta (dans sa narration de l’événement à Aïcha) : l’ange m’attrapa avec force et me serra si fort que je ne pouvais plus le supporter. Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire et je répondis : «Je ne sais pas lire.» Sur quoi il m’attrapa à nouveau et me serra une seconde fois jusqu’à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire mais à nouveau je répondis : «Je ne sais pas lire.» Sur quoi il m’attrapa pour la troisième fois et me serra et me relâcha et dit : «Lis ! Au nom de Dieu, qui a créé tout ce qui existe, qui a créé l’homme à partir d’un caillot de sang, Lis ! Et ton Seigneur est le plus généreux».
Puis le Messager de Dieu repartit (chez lui) avec la Révélation et le cœur battant très vite. Il vint à Khadidja bint Khouwaylid et dit : «Couvre-moi ! Couvre-moi !» Elle le couvrit jusqu’à ce que sa peur se dissipa, après quoi il lui raconta tout ce qui s’était passé et dit : «J’ai peur que quelque chose ne m’arrive !» Khadîdja répondit : «Jamais ! Par Dieu, Dieu ne permettra jamais que tu sois dans une situation de honte ! Tu gardes de bonnes relations avec tes parents et amis, tu aides les pauvres et les miséreux, tu sers généreusement tes invités, et assiste ceux qui sont victimes d’une calamité.»
Khadidja l’accompagne alors chez son cousin Waraqah Ibn Nawfal Ibn Asad Ibn Abdul-’Uzza, qui, pendant la période pré-islamique, s’était converti au christianisme et s’était attaché à l’apprentissage de l’hébreu... Il écrivait l’Evangile en hébreu autant que Dieu le permettait. C’était un vieil homme et il avait pratiquement perdu la vue. Khadidjah dit à Waraqah : «Ecoute l’histoire de ton neveu, Ô mon cousin !» Waraqah demanda : «Ô mon neveu ! Qu’as-tu vu ?»
L’Envoyé de Dieu décrivit tout ce qu’il avait vu. Waraqah dit : «C’est celui (l’ange Gabriel) qui garde les secrets, qui a été envoyé par Dieu à Moïse. Comme j’aurai aimé être encore jeune et pouvoir vivre jusqu’au moment où ton peuple te chassera.»
L’Envoyé de Dieu demanda : «Vont-ils me chasser ?»
Waraqah lui répondit par l’affirmative et dit : «Quiconque est venu avec quelque chose de semblable à ce que tu as rapporté a toujours été traité avec hostilité et si je devais rester en vie jusqu’au jour où tu seras chassé alors je te soutiendrai fortement.»
Mais après quelques jours, Waraqah mourut.
Le Messager de Dieu et Khadîdja continuèrent à prier en secret aussi longtemps que Dieu le voulut.
Afeef al-Kanaâdee rapporte : «Je vins à la Mecque pendant les jours d’Ignorance et je voulais vendre pour le compte de ma famille des vêtements et du parfum. J’allai chez Al-Abbas Ibn Abdelmouttalib.»Il dit : «Pendant que j’étais dans sa maison, je regardais la Kaâbah. Alors un jeune homme leva sa tête vers le ciel et se tourna, debout, en direction de la Kaâbah. Un adolescent vint et se mit à sa droite. Il ne s’écoula pas beaucoup de temps jusqu’à ce qu’une femme vint et se mit derrière eux. Alors le jeune homme se courba, puis l’adolescent et la femme se courbèrent. Le jeune homme leva sa tête et l’adolescent et la femme la levèrent. Alors le jeune homme se prosterna et l’adolescent et la femme se prosternèrent. « Il continue : «Alors, je dis : «Ô Abbas ! Vraiment, je vois un grand homme» Abbâs répondit : «Une question importante : Sais-tu quel est ce jeune homme ? « Je dis : «Non.» Il dit : «C’est Mohamed Ibn Abdallah Ibn Abdelmouttalib, mon neveu. Sais-tu quelle est cette femme ?». Je dis : «Je ne sais pas «. Il répliqua : «C’est Khadidja bint Khouwaylid, la femme de mon neveu... Mon neveu, que tu as vu, nous a rapporté que son Seigneur est le Seigneur des Cieux et de la Terre et qu’il lui a ordonné cette religion qu’il suit. Je jure par Dieu que je ne connais personne d’autre sur Terre qui suit cette religion à part eux. «Afeef dit : «Je voulais être le quatrième (à leurs côtés)...»Le Messager de Dieu honorait Khadidja et l’aimait. Il n’était jamais en désaccord avec elle, et ce, avant même de recevoir la révélation.
Il pensait beaucoup à elle après sa mort et ne se lassait pas de prier pour elle; au point qu’Aicha, la Mère des Croyants, en fut jalouse et dit au Prophète : «Véritablement Dieu t’a donné mieux que cette vieille femme.»
Le Prophète se mit en colère et dit : «Non, par Dieu, je jure que Dieu ne m’a jamais rien donné de meilleur qu’elle. Elle fut la femme qui crut en moi quand personne d’autre ne me croyait. Elle a affirmé que je disais vrai quand tout le monde m’accusait de mentir. Elle me soutint avec son argent quand tout le monde m’infligeait des privations. Et Dieu m’apporta à travers elle des enfants, alors qu’aucune autre femme ne m’en a donné.»
En fait, le Prophète fut si en colère à propos de ce que j’avais dit que son front trembla.
Alors je me suis dis : «Ô Dieu, si le Messager de Dieu se calme, je ne dirais plus jamais de choses comme ça.»
Aicha dit également : «Je n’ai jamais été jalouse d’une autre épouse du Prophète comme je l’ai été de Khadidja. Pourtant, je ne l’ai pas vu, mais le Prophète se souvenait beaucoup d’elle. Parfois, il sacrifiait un mouton, le coupait en morceaux et les envoyait aux amis de Khadidja et il disait : «Comment puis-je l’oublier ? Elle m’a aussi donné les enfants les plus affectueux.»
Aicha dit encore : «Le Messager de Dieu quittait rarement la maison avant d’avoir parlé de Khadidjah et d’avoir prié pour elle».
Khadidja, Mère des Croyants, mourut en aidant le Messager de Dieu à transmettre l’appel de l’islam. Elle quitta ce monde trois années avant l’émigration à Médine, à l’âge de 65 ans, durant l’embargo de Quoraïch contre les Musulmans.. Le Prophète l’enterra de ses propres mains. Sa mort fut une grande source de tristesse pour le Prophète. Qu’Allah soit satisfait d’elle et l’agrée !
Maymoûnah Bint Al-Hârith, que Dieu l’agrée :
Maymoûnah Bint Al-Hârith Ibn Hazn des Banoû Hilâl - qu’Allah l’agrée - épousa le Prophète - paix et bénédiction sur lui en l’an 7 après l’Hégire, alors que le Prophète avait soixante ans et qu’elle en avait trente-six. Elle était la veuve d’Abou Rouhm Ibn Abd Al-Ouzzâ. Sa sœur, Oum Al-Fadl Loubâbah, était la mère de Abdallah Ibn ‘Abbâs, le cousin du Prophète et un de ses plus sages compagnons. Oum Al-Fadl faisait partie des premiers Compagnons du Prophète. On dit qu’elle fut la première femme à embrasser l’islam après Khadîjah. Une fois, Abou Lahab, l’ennemi d’Allah et de son Messager, pénétra dans la maison de son frère, Al-Abbâs, et agressa son esclave, Abou Rafi, pour s’être converti à l’Islam.
Abou Lahab le frappa et le fit tomber à terre, il s’agenouilla sur lui, puis continua à le frapper. Oum Al-Fadl saisit un bâton et le fracassa sur la tête d’Abou Lahab disant : «Vas-tu le maltraiter parce que son maître est absent?». Il fut empli de honte et mourut une semaine plus tard. La Mère des Croyants, Zaynab Bint Khouzaymah, était également sa demi-sœur. Parmi ses autres sœurs, il y avait Asma Bint Oumays, la femme de Jaâfar Ibn Abî Tâlib, qui épousa plus tard Abou Bakr, et Salmâ Bint ‘Umays, la femme de Hamzah, le « Lion d’Allah «. Ses sœurs germaines (issues du même père et de la même mère) étaient Lubâbah, Asmâ’, Salmâ et Salâmah. Ainsi Maymounah faisait-elle partie des «Ahloul-Bayt», («les gens de la maison»), non seulement parce qu’elle était une épouse du Prophète - paix et bénédiction sur lui - mais également parce qu’elle était une de ses parentes. Zayd Ibn Arqam rapporte que le Prophète a dit : «Je t’implore Allah en faveur des gens de ma maison!» trois fois. Zayd demanda qui étaient les gens de sa maison, et il répondit: «La famille de ‘Alî Ibn Abî Tâlib, la famille de Jaâfar Ibn Abî Tâlib, la famille de Aqîl Ibn Abî Tâlib et la famille d’Al-Abbâs Ibn Abdelmouttalib.»
Maymoûnah, ou Bourrah de son prénom de naissance, était désireuse d’épouser le Prophète - paix et bénédiction sur lui. Elle alla trouver sa sœur Oum Al-Fadl pour lui en parler et celle-ci, à son tour, en parla à son mari, Al-‘Abbâs. Al Abbas alla directement trouver le Prophète avec l’offre de mariage de Maymoûnah et sa proposition fut acceptée. Quand la bonne nouvelle lui parvint, elle était sur un chameau. Elle descendit immédiatement et dit: «Le chameau et ce qu’il porte sont pour le Messager d’Allah. « Ils se marièrent durant le mois de Chawwâl de l’an 7 après l’Hégire, juste après que les musulmans de Médine aient obtenu la permission de visiter la Mecque sous les conditions du traité d’Al-Houdaybiyah, afin d’effectuer la Oumrah (le petit pèlerinage). Ace propos, Allah fit descendre ce verset :
«Ainsi que toute femme croyante qui se serait donnée au Prophète pourvu que le Prophète ait voulu l’épouser. Ceci est un privilège qui t’es accordé, à l’exclusion des autres croyants.» (Les factions, verset 50).
Le Prophète lui donna le nom Maymoûnah qui signifie bénie. Elle vécut pendant trois ans avec le Prophète jusqu’à sa mort. Elle était de très bonne nature et s’entendait bien avec tout le monde, et aucune querelle ou mésentente avec les autres femmes du Prophète - paix et bénédiction sur lui - ne fut relatée à son sujet. Aïcha dit à son sujet : «Parmi nous, elle était celle qui craignait le plus Allah et elle faisait le maximum pour maintenir les liens de parenté.» Ce fut dans sa chambre que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - commença à sentir les effets de sa maladie finale. Il demanda ensuite la permission à ses femmes de rester dans la chambre d’Aïcha pendant cette période.
Après la mort du Prophète (QSSL) Maymoûnah continua à vivre à Médine pendant quatorze autres années. Elle mourut à l’âge de quatre-vingt ans, en 51 après l’Hégire, étant la dernière épouse du Prophète (QSSL) à décéder. Elle demanda à être enterrée à l’endroit où elle avait épousé le Prophète (QSSL), à Saraf, et sa requête fut entendue. On rapporte qu’à ses funérailles, Ibn Abbâs dit: «Ce fut la femme du Messager d’Allah (QSSL) alors, lorsque que vous la soulèverez, ne la secouez pas et ne soyez pas trop brutaux, mais soyez doux.» Il est également rapporté par Ibn `Abbâs qu’il fut une nuit l’invité de Maymoûnah -qui était sa tante- et du Prophète (QSSL). Ils dormirent sur leur couche dans le sens de la longueur, et lui dormit au bout, en travers.
Après qu’ils aient tous dormi un moment, le Prophète (QSSL) se leva pour accomplir la prière du tahajjud (prière nocturne surérogatoire) et Ibn Abbâs se joignit à lui. Ils firent tous deux leurs ablutions et la prière de onze rakaât, puis se couchèrent à nouveau jusqu’à l’aube. Bilâl fit l’appel à la prière et le Prophète fit deux autres rakaât courtes avant de se rendre à la mosquée pour guider la prière de l’aube.
Ibn Abbâs dit qu’une des invocations que le Prophète (QSSL) fit durant cette nuit fut: «Ô Allah, introduit la lumière dans mon cœur, ma langue, mon ouïe, ma vue, derrière moi, devant moi, à ma droite, à ma gauche, au dessus et en dessous de moi; introduit la lumière dans mes tendons, ma chair, mon sang, mes cheveux et ma peau; introduit la lumière dans mon âme et rend la lumière abondante pour moi; accorde moi la lumière.»
Il est communément reconnu que ce fut après le mariage du Prophète (QSSL) avec Maymoûnah, (neuf femmes :Aïcha, Sawdah, Oum Habîbah, Hafsah, Oum Salamah, Zaynab Bint Jahsh, Jouwayriyyah, Safiyyah et Maymoûnah), que le verset suivant fut révélé : «Il ne t’est plus permis de changer d’épouses ni de prendre d’autres femmes, en dehors de tes esclaves même si tu es charmé par la beauté de certaines d’entre elles. Dieu voit parfaitement toutes choses.» (Les factions, verset 52)
Aïcha Bint Abi Bakr, que Dieu l’agrée :
La vie de Aïcha est la preuve qu’une femme peut être bien plus instruite qu’un homme et qu’elle peut être le professeur de savants et d’experts. Sa vie montre aussi qu’une femme peut exercer une influence sur les hommes et les femmes et leur apporter l’inspiration et l’union. Sa vie est enfin la preuve que cette même femme peut être complètement féminine et être une source de plaisir, de joie et de réconfort pour son mari.
Elle ne fut diplômée d’aucune université car il n’y avait pas d’universités à cette époque. Cependant, ses discours sont étudiées dans les facultés de littérature, ses déclarations juridiques sont étudiées dans les Ecoles de Droit et sa vie ainsi que ses œuvres sont étudiées par des étudiants et des enseignants en Histoire Islamique depuis un millier d’années.
L’essentiel de ses vastes connaissances fut acquis alors qu’elle était encore jeune. Dans sa petite enfance, elle fut élevée par son père qui était très aimé et respecté car c’était un homme qui disposait d’un grand savoir, de manières courtoises et d’une présence agréable. De plus, il était l’ami le plus proche du noble Prophète qui lui rendait souvent visite, et ce, depuis les tous premiers jours de sa mission.
Dans sa jeunesse, déjà connue pour sa frappante beauté et sa formidable mémoire, le Prophète lui-même lui porta un soin et une attention particuliers. En tant qu’épouse et compagne du Prophète, elle acquit un savoir et une perspicacité qu’aucune autre femme n’a atteints à ce jour.
Aïcha devint la femme du Prophète à la Mecque, mais son mariage ne fut pas célébré avant la deuxième année de l’Hégire, alors qu’elle avait entre quatorze et quinze ans. Avant et après son mariage, elle garda une jovialité et une innocence naturelles et ne semblait pas intimidée par l’idée d’être mariée au Messager de Dieu, lui que tous ses compagnons, y compris les parents de Aïcha, traitaient avec un amour et une révérence qu’ils ne vouaient à aucune autre personne.
Des femmes vinrent me chercher pour me préparer».
Elles la vêtirent d’une robe de mariage faite à partir d’une fine étoffe ornée de rayures rouges, venant du Bahrein, puis sa mère l’amena vers la maison nouvellement construite où quelques femmes des Ansars attendaient devant l’entrée. Elle la félicitèrent avec ces mots : «Que le bien et le bonheur soient toujours présents ! « Puis, en la présence du Prophète souriant, un bol de lait fut apporté. Le Prophète but de ce lait et en offrit à Aïcha. Elle refusa timidement mais, lorsqu’il insista, elle fit de même et proposa le bol à sa sœur Asmâ qui était assise derrière elle. D’autres personnes en burent également, et ce fut tout de leur simple et solennelle cérémonie de mariage. Il n’y eut pas de fête. Son mariage avec le Prophète ne changea pas son comportement enjoué. Ces jeunes amies allaient régulièrement lui rendre visite dans ses appartements.
Les premiers temps qu’Aïcha vécut à Médine furent également les moments les plus graves et les plus anxieux. Une fois, son père et deux compagnons qui étaient avec lui attrapèrent une fièvre dangereuse qui était fréquente à Médine durant certaines saisons. Un matin, Aïcha alla lui rendre visite et fut stupéfaite de trouver les trois hommes gisants faibles et exténués. Elle demanda à son père comment il allait et lui répondit dans un style qu’elle ne put comprendre. Les deux autres lui répondirent également avec des vers de poésie qui lui semblaient n’être que des bredouillements inintelligibles. Elle fut profondément troublée et rentra auprès du Prophète en disant :
«Ils divaguent complètement à cause de leur forte fièvre». Le Prophète demanda ce qu’ils avaient dit et fut quelque peu rassuré lorsqu’elle répéta certains des mots des vers qu’ils avaient récités et qui avaient un sens, même si elle ne les comprenait pas complètement. Ceci est une démonstration de son grand potentiel de mémorisation, qui, au fil des années, allait servir à préserver les précieux dires du Prophète.
La réponse de Aïcha fut la suivante :
«En vérité, je recherche Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà « et sa réponse fut suivie par celles de toutes les autres. Elle resta fidèle à son choix durant toute la vie du Prophète - paix et bénédictions sur lui - et après. Plus tard, lorsque les musulmans eurent accès à de grandes richesses, on lui offrit un don de cent milles dirhams. Elle était en état de jeûne lorsqu’elle reçut cet argent et elle le distribua entièrement aux pauvres et aux nécessiteux alors qu’elle n’avait aucune provision chez elle. Peu de temps après, une servante lui dit: «peux-tu acheter de la viande pour un dirham afin de rompre ton jeûne?». «Si je m’en étais souvenu, je l’aurais fait» dit-elle.
L’affection du Prophète pour Aïcha dura jusqu’à la fin. Pendant sa maladie, après suggestion de ses femmes, il resta dans ses appartements. La plupart du temps, il restait allongé sur un matelas, la tête reposant sur la poitrine ou les genoux de la Mère des Croyants Aïcha. C’est elle qui pris un siwâk auprès de son frère, le mâcha afin de le ramollir et le donna au Prophète. Malgré sa faiblesse, il frottait ses dents avec de façon vigoureuse. Peu de temps après, il perdit conscience et Aïcha pensa que c’était la mort qui était arrivée, mais il ouvrit les yeux une heure plus tard.
Aïcha est celle qui a rapporté pour nous ces moments d’agonie de l’homme le plus honoré de la création d’Allah, son Messager bien-aimé.
Quand il ouvrit les yeux encore une fois, Aïcha se rappela qu’il lui avait dit : «Aucun Prophète n’est emporté par la mort, jusqu’à que sa place au Paradis lui soit montrée et que le choix de vivre ou de mourir lui soit donné». «Maintenant, il ne nous choisira pas «se dit-elle, quand elle l’entendit murmurer: «Avec l’Assemblée suprême au Paradis, avec ceux à qui Dieu a donné ses faveurs, les prophètes, les martyrs et les droits...». Puis elle l’entendit encore murmurer: «O Seigneur, avec l’Assemblée suprême», et ce furent les derniers mots qu’elle l’entendit prononcer. Progressivement, sa tête se fit plus lourde sur sa poitrine et d’autres personnes dans la pièce se mirent à se lamenter, puis, Aïcha posa sa tête sur un oreiller et les rejoignit dans leurs lamentations.
Sur le sol de la chambre de Aïcha, près du matelas où était allongé le Prophète, on creusa la tombe où il fut enterré dans une profonde tristesse et un grand chagrin. Aïcha vécut environ cinquante ans après la mort du Prophète - paix et bénédictions sur lui -. Elle fut sa femme durant dix années. La plupart de son temps passa dans l’apprentissage et l’acquisition du savoir des deux plus importantes sources de la guidance d’Allah ; Le Coran et la Sunnah de son Prophète. Aïcha fut parmi les trois femmes (les deux autres furent Hafsah et Oum Salamah) qui mémorisèrent la Révélation. Tout comme Hafsah, elle eut son propre manuscrit du Coran après la mort du Prophète.
En ce qui concerne les Hadiths ou les dires du Prophète, Aïcha est une des quatre personnes (les trois autres étant Abou Hourayrah, Abdallah Ibn Omar et Anas ibn Malik) qui transmirent plus de deux milles hadîths. Nombreux sont les récits concernant des aspects intimes de la personnalité du Prophète que seule une personne dans la position de Aïcha aurait pu connaître. Le plus important, c’est que sa connaissance des hadiths fut transmise par écrit par au moins trois personnes, dont son neveu Ourwah qui devint un des plus grands savants de la génération suivant celle des compagnons.
Beaucoup de compagnons du Prophète et de leurs successeurs ont bénéficié du savoir de Aïcha. Abou Moussa Al-Achaâri dit une fois : «Si les compagnons du Messager de Dieu rencontraient quelque difficulté que ce soit sur un sujet précis, ils interrogeaient Aïcha».
Son neveu Ourwah affirma qu’elle était brillante, non seulement en matière de Fiqh, mais aussi en médecine et en poésie. Beaucoup de compagnons du Prophète - paix et bénédictions sur lui - sont venus lui demander conseil à propos de questions d’héritage.
Les savants la considèrent comme faisant partie des premiers Fouqaha (Jurisconsultes) de l’Islam avec d’autres personnes telles que Omar Ibn Al-Khattâb, ‘Ali et Abdallah Ibn Abbâs. En ce qui concerne son immense savoir, cette parole du Prophète est rapportée : «Apprenez une partie de votre religion (din) auprès de la houmayrâ - fille rousse». «Houmayra», voulant dire «Rousse», était une épithète donnée à ‘Aïcha par le Prophète - paix et bénédictions sur lui -.
Aïcha ne possédait pas seulement le savoir, mais elle fut également très active au niveau de l’éducation et des réformes sociales. En tant que professeur, elle avait une façon de s’exprimer claire et persuasive et ses capacités oratoires furent décrites par Al-Ahnaf en des termes superlatifs. Il dit : « J’ai entendu des discours d’Abou Bakr, Omar, Othman et Alî et des Califes jusqu’à ce jour, mais je n’ai jamais entendu de discours plus persuasifs et aussi beaux que ceux qui sont sortis de la bouche de Aïcha».
Hommes et femmes venaient de loin pour profiter de son savoir. Il est dit qu’il y avait plus de femmes que d’hommes. En plus de répondre à des questions, elle prenait sous sa garde les garçons et les filles, nombre d’entre eux étant orphelins, et leur enseignait avec soin. Et ceci en plus de ses proches qui recevaient une éducation de sa part. Ainsi, sa maison devint une école et une académie.
Certains de ses étudiants étaient remarquables. Nous avons déjà mentionné son neveu Ourwah comme étant un rapporteur de hadiths distingué. Parmi ses élèves femmes, il y eut Oumrah Bint Abderrahmane. Elle est considérée par les savants comme faisant partie des narrateurs de hadiths les plus fiables et est connue pour avoir été la secrétaire de Aïcha, recevant et répondant aux lettres qui lui étaient adressées. L’exemple de ‘Aïcha mettant l’accent sur l’éducation et en particulier sur l’éducation des femmes musulmanes et un exemple à suivre.
Après Khadiîjah Al-Koubra (la plus grande) et Fâtimah Az-Zahrâ’ (la resplendissante), Aïcha As-Siddîqah (la véridique) est considérée comme la meilleure femme en Islam. Du fait de sa forte personnalité, elle fut leader dans tous les domaines de la connaissance, dans la société, en politique et en matière de guerre. Elle regretta souvent son implication dans la guerre mais elle vécut assez longtemps pour retrouver la position de femme la plus respectée de son temps. Elle mourut durant l’année 58 de l’Hégire, pendant le mois de Ramadan, et comme elle l’avait requis, elle fut enterrée dans le Jannat Al-Baqî, dans la ville illuminée, là où d’autres compagnons du Prophète sont enterrés.
Safiyyah Bint Houyay, que Dieu l’agrée :
Elle s’appelle Safiyyah Bint Houyay Ibn Akhtab Ibn Saâyah Ibn Thaâlabah Ibn Oubayd Ibn Kaâb Ibn Al-Khazraj Ibn Abî Habîb Ibn An-Nadîr Ibn An-Nahâm - on dit aussi Ibn Nâkhûm, ou encore Yankhoûm, ou enfin Nakhoûm. Ils descendaient des enfants d’Israël de la lignée de Lévi fils de Jacob puis de Haroun (Aaron) le frère de Moïse. Sa mère s’appelle Burrah Bint Samuel. Elle fut l’épouse de Michkam le juif puis de Khalaf.
Safiyyah Bint Houyayy - que Dieu soit satisfait d’elle - épousa le Prophète Mohamed en l’an 7 de l’Hégire. Elle avait alors dix sept ans et lui soixante. Son mariage, comme pour Jouwayriyyah Bint Al-Hârith, eut lieu après une grande bataille de l’Islam, en l’occurrence celle de Khaybar.
Bilâl faisait partie de cette expédition. A la fin du combat, il présenta deux femmes au Prophète - paix et bénédictions sur lui. Sur leur chemin, lui et ses deux prisonnières avaient dû traverser le champ de bataille et passer près des guerriers tués pendant le combat. L’une des femmes hurlait et se couvrait le visage de poussière alors que l’autre était muette d’effroi. La deuxième femme n’était autre que Safiyyah, la fille de Houyayy Ibn Akhtab, le chef des Banoû An-Nadîr qui avaient été expulsés de Médine en l’an 4 de l’Hégire pour avoir comploté contre le Prophète (ils avaient projeté de le tuer en laissant tomber une pierre sur sa tête alors qu’il discutait avec leurs chefs). Par ailleurs, Safiyyah était une descendante de Haroun, le frère du Prophète Moise - que la paix soit sur eux. La femme bruyante qui l’accompagnait était sa cousine. Le Prophète Mohamed demanda à ce que l’on s’occupe de la cousine et plaça la cape qu’il portait sur les épaules de Safiyyah dont l’époux venait d’être tué pendant la bataille. C’était un simple geste de compassion, mais à partir de ce moment-là, elle fut honorée et tenue en haute estime par la communauté musulmane. Le Prophète se tourna ensuite vers Bilâl et lui dit : «Bilâl, est-ce qu’Allah a enlevé toute pitié de ton cœur pour que tu fasses passer ces femmes à l’endroit même où leurs hommes ont été tués? « A en juger les rares critiques que le Messager d’Allah émettait sur le comportement de ceux qui le servaient, il s’agissait là d’une sévère réprimande. Anas Ibn Mâlik racontait : «J’ai servi le Messager d’Allah - paix et bénédictions sur lui - pendant huit ans. Pas une seule fois il ne m’a fait de reproche sur ce que j’avais fait ou ce que je n’avais pas fait.» Tout comme Oum Habîbah, Safiyyah était la fille d’un grand chef. Seul le Prophète - paix et bénédictions sur lui - pouvait empêcher qu’elle passe d’un haut rang à celui d’esclave. Bien que son père ait planifié l’assassinat de Mohamed après la bataille de Ouhoud et qu’il ait comploté avec les Banou Quraydhah l’extermination de tous les Musulmans pendant la bataille du Fossé, le Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui - ne nourrissait aucun sentiment d’inimité. Pour ceux qui déviaient, il ressentait de la pitié plutôt que de la colère et pour les innocents, il éprouvait davantage de compassion.
Safiyyah accepta immédiatement l’invitation à l’Islam du Prophète Mohamed. Une fois affranchie, il l’épousa. Certains peuvent se demander comment Safiyyah put accepter l’Islam et épouser le Prophète - paix et bénédictions sur lui - alors que son père avait été un ennemi acharné et que le sang avait abondamment coulé entre Juifs et Musulmans. On peut trouver des éléments de réponse dans ce que Safiyyah relatait de sa jeunesse en tant que fille du chef des Banou An-Nadîr.
Elle disait : «J’étais la favorite de mon père et de mon oncle Yâsir. Chaque fois que j’étais en compagnie de l’un de leurs enfants, ils me portaient dans leurs bras. Quand le Messager d’Allah - paix et bénédictions sur lui - arriva à Médine, mon père et mon oncle allèrent le voir. C’était très tôt le matin, entre l’aube et le lever du soleil. Ils revinrent bien plus tard. Ils étaient complètement usés et déprimés, et rentraient d’un pas lourd et lent.
Je leur souris comme toujours, mais ni l’un ni l’autre ne fit attention à moi parce qu’ils étaient si misérables. J’ai entendu Abû Yâsir demander à mon père :
«-Est-ce lui ?
- Oui c’est bien lui.
- L’as-tu reconnu ? En es-tu sûr ?
- Oh oui ! Je ne l’ai que trop bien reconnu.
- Qu’éprouves-tu à son égard ?
- De l’hostilité ! De l’hostilité à jamais.»
Cette conversation fait évidemment référence à la Torah des Juifs. Elle prédisait la venue d’un Prophète qui allait mener ceux qui le suivraient à la victoire. Avant l’arrivée du Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui - à Médine, les Juifs avaient pour habitude de menacer les adorateurs d’idoles de Yathrib à la venue du Messie. Avec lui, ils prétendaient exterminer les tribus qui refusaient de croire en Dieu. Le Prophète Jésus - paix et bénédictions sur lui - avait été clairement décrit dans la Torah sans pour autant être accepté par les Juifs quand il vint à eux. De même, la Torah décrivait clairement le dernier Prophète de sorte que les Juifs puissent le reconnaître aisément. Ainsi Kaâb Al-Ahbâr, l’un des Juifs de l’époque qui avait embrassé l’Islam racontait que ce Prophète était décrit dans la Torah en ces termes :
«Mon serviteur, Ahmed, l’Elu, naîtra à la Mecque puis émigrera vers Médine (ou Tayyibah - une des autres appellations de Yathrib). Sa communauté sera celle qui louera Allah à tout moment.»
Amr Ibn Al-‘Âs rapportait qu’on peut lire aussi dans la Torah : « O Prophète, Nous t’avons envoyé afin que tu témoignes, que tu apportes la bonne nouvelle, que tu mettes en garde et que tu sois un refuge pour les illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon messager. J’ai fait de toi un soutien pour les gens.
Tu n’es ni grossier ni vulgaire, tu ne colportes pas les commérages, tu ne réponds pas au mal par le mal, tu absous plutôt et pardonnes.
Allah ne le rappellera à Lui avant d’avoir redressé la communauté déviante. Ce jour-là, elle dira : « Il n’y a d’autre dieu que Lui. «Avec lui, les aveugles verront, les sourds entendront et les cœurs scellés s’ouvriront.»
Ces passages de la Torah ont convaincu le plus érudit des rabbins juifs, Abdallah Ibn Salâm d’embrasser l’Islam lorsqu’il vit Mohamed - paix et bénédictions sur lui.
Ce sont également ces détails qui avaient permis à Houyayy Ibn Akhtab de le reconnaître. Toutefois, Houyayy comme la majorité des Juifs était profondément déçu que le dernier Prophète - paix et bénédictions sur lui - soit un descendant d’Isma’il et non d’Ishâq (à savoir les deux fils du Prophète Ibrâhîm, que la paix soit sur eux). Ils proclamaient être les descendants exclusifs d’Ishâq, par son fils, Yaâqâb (connu également sous le nom d’Israël), qui eut douze fils donnant les douze tribus d’Israël.
Au-delà du refus de l’origine du dernier Prophète, Huyayy n’appréciait pas l’idée de perdre son emprise et son pouvoir sur son peuple. C’est pourquoi il était déterminé à secrètement lutter contre le Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui. Lui et les autres chefs juifs concluaient, en effet, des traités de paix avec les Musulmans et se hâtaient de les rompre aussitôt que cela leur semblait favorable de le faire.
Malgré sa parenté avec Huyayy, Safiyyah avait un cœur pur. Elle avait toujours souhaité adorer son Créateur et Seigneur, Celui qui avait envoyé Moise, Jésus, et enfin Mohamed (que la paix soit sur eux tous). Ainsi, saisit-elle immédiatement l’occasion de suivre le dernier Prophète et de l’épouser. Safiyyah avait certes trouvé en Mohamed - paix et bénédictions sur lui - le plus doux et le plus prévenant des époux, sans pour autant être bien acceptée par ses autres épouses, particulièrement à son arrivée. Anas rapporta qu’un jour le Prophète - paix et bénédictions sur lui - trouva Safiyyah en train de pleurer. Quand il l’interrogea sur la cause de ses larmes, elle répondit qu’elle avait entendu Hafsah la décrire de façon peu flatteuse comme» une fille de Juif».
Le Prophète rétorqua: «Tu es assurément la fille d’un Prophète (Hâroun), la nièce d’un Prophète (Moise), et l’épouse d’un Prophète (Mohamed). Y-a-t-il là de quoi être méprisant à ton égard ? « Il dit ensuite à Hafsah: «Ô Hafsah, crains Dieu ! «
Un jour, le Prophète voyageait en compagnie de Safiyyah et de Zaynab Bint Jahsh. Le chameau de Safiyyah se blessa. Zaynab ayant un chameau supplémentaire, le Prophète lui demanda de le donner à Safiyyah. Zaynab répondit : «Devrais-je donner à cette Juive ? «De colère, le Prophète - paix et bénédictions sur lui - se détourna d’elle pendant deux ou trois mois afin de lui exprimer son désaccord. Quelques trois années plus tard, quand Mohamed - paix et bénédictions sur lui- arrivait au terme de sa vie, Safiyyah compatissait profondément et sincèrement : «Ô Messager d’Allah, si seulement je pouvais souffrir à ta place. «Certaines de ses épouses la prirent à la légère ce qui agaça le Prophète. Il s’exclama : «Par Allah, elle dit vrai !»
Même après la mort du Prophète, elle connut de moments difficiles. Une de ses esclaves alla trouver le Commandeur des Croyants Omar pour lui dire : «Ô Commandeur des Croyants ! Safiyyah aime le shabbat et elle conserve des liens avec les Juifs ! «Omar s’en enquit auprès de Safiyyah qui lui répondit : «Je n’aime plus le shabbat depuis qu’Allah l’a remplacé par le vendredi. Les seuls contacts que j’aie conservés avec les Juifs sont ceux de ma famille.»Elle interrogea sa servante pour savoir ce qui l’avait poussée à mentir à Omar. Elle répondit : «C’est le diable» Alors Safiyyah l’affranchit.
Safiyyah vécut avec le Prophète pendant environ quatre ans. Elle n’avait que vingt et un ans quand le Prophète mourut. Elle resta veuve les trente neuf années qui suivirent. Elle décéda à son tour en l’an 50 de l’Hégire à l’âge de soixante ans - puisse Dieu être satisfait d’elle.
Elle avait développé par son éducation des traits de caractères dignes d’éloges et était connue et appréciée pour son intelligence, sa pudeur et sa sagesse, au point que l’on commença à l’appeler «Tâhirah» (la pure).
C’était une femme d’affaire accomplie, qui avait bâti sa fortune par l’intermédiaire de quelques hommes qui faisaient du commerce pour son compte. Elle fut d’abord mariée à Abou Hâlah Ibn Zourarah des Banou Tameem et fut mère de deux garçons, dont l’un mourut à la bataille d’al-Jamal, en combattant aux côtés d’Ali. Elle entendit parler de l’honnêteté et de la générosité du Messager de Dieu.
Un jour, Abou Tâlib dit à son neveu : «Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadidjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté.»
Khadîdja le fit chercher et lui proposa de se rendre avec sa fortune à Achaam (région de la Syrie) pour faire du commerce. En contrepartie, elle lui donnerait plus qu’elle donnait aux autres hommes qui travaillaient pour elle. Elle enverrait aussi avec lui un de ses jeunes serviteurs du nom de Maysara. Le Messager de Dieu accepta et partit avec sa fortune et son serviteur, Maysara, jusqu’à ce qu’il atteignit Achaam. Là il vendit les articles avec lesquels il était parti et acheta ce qu’il désirait acheter pour le compte de Khadîdja. Accompagné de Maysara, il embarqua pour la mecque avec une caravane. Les transactions qu’il fit rapportèrent deux fois plus de profit que le profit habituel... et le salaire qu’il reçut de la part de Khadidja fut le double du salaire qu’elle donnait d’habitude. Lorsque Maysara rapporta à Khadidja ce qu’il avait vu du caractère de Mohamed, elle le fit chercher.
Elle lui dit :
«Ô cousin, vraiment, je t’apprécie en raison des liens familiaux qui nous unissent, de l’incontestable noblesse de tes origines, de ton honnêteté et de ta sincérité, mais aussi pour l’intégrité de ton caractère et la véracité de tes propos.»
Et elle lui proposa le mariage. Le Messager de Dieu en fit part à ses oncles. Hamza vint avec lui et ils appelèrent Khouwaylid qui dit (en ce sens) : «Il est fort, rien ne peut l’atteindre.» (Il exprima de la sorte son approbation pour le mariage...)
Ainsi, le Messager de Dieu l’épousa et lui donna une dot de 20 chameaux.
Elle était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25. Elle fut sa première épouse. Le Prophète Mohamed ne prit aucune autre femme tant qu’elle fut en vie.
Elle lui donna 6 enfants : Al-Qaasim, Abdallah (surnommé Tayyib (le bon) et Tâhir (le pur)), Zaynab, Rouqqayyah, Oum Koulthoum, et Fatima.
Quand le Prophète reçut la mission prophétique, elle fut la première à croire en Dieu et en son Messager Mohamed ; elle fut la première à croire en ce que Son Seigneur lui envoya et le soutint dans sa mission. A chaque fois que le Prophète n’était confronté à des propos détestables de la part des polythéistes qui ne croyaient pas en son message, Dieu le consolait à travers Khadîdja. Celle-ci atténuait ainsi la tristesse que provoquait chez le Messager l’attitude (de refus et de rejet) dont il était témoin de la part des gens. Selon Aicha, la Mère des Croyants, le commencement de l’Inspiration Divine («Wahiy») à l’Envoyé de Dieu prit la forme de rêves pieux, qui se révélaient véridiques comme la clarté du jour... Ensuite, l’amour de la solitude lui fut donné.
Il se retirait, seul, dans la grotte de Hira, où il adorait Dieu Unique continuellement pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’il désirait voir sa famille. Il prenait avec lui des provisions pour son séjour. Puis, il revenait vers sa femme Khadîdja pour en reprendre de la même façon, quand soudainement la Vérité descendit à lui alors qu’il se trouvait dans la grotte.
L’ange vint à lui et lui demanda de lire. Le Prophète répondit «Je ne sais pas lire.» Le Prophète ajouta (dans sa narration de l’événement à Aïcha) : l’ange m’attrapa avec force et me serra si fort que je ne pouvais plus le supporter. Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire et je répondis : «Je ne sais pas lire.» Sur quoi il m’attrapa à nouveau et me serra une seconde fois jusqu’à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me relâcha alors et me demanda à nouveau de lire mais à nouveau je répondis : «Je ne sais pas lire.» Sur quoi il m’attrapa pour la troisième fois et me serra et me relâcha et dit : «Lis ! Au nom de Dieu, qui a créé tout ce qui existe, qui a créé l’homme à partir d’un caillot de sang, Lis ! Et ton Seigneur est le plus généreux».
Puis le Messager de Dieu repartit (chez lui) avec la Révélation et le cœur battant très vite. Il vint à Khadidja bint Khouwaylid et dit : «Couvre-moi ! Couvre-moi !» Elle le couvrit jusqu’à ce que sa peur se dissipa, après quoi il lui raconta tout ce qui s’était passé et dit : «J’ai peur que quelque chose ne m’arrive !» Khadîdja répondit : «Jamais ! Par Dieu, Dieu ne permettra jamais que tu sois dans une situation de honte ! Tu gardes de bonnes relations avec tes parents et amis, tu aides les pauvres et les miséreux, tu sers généreusement tes invités, et assiste ceux qui sont victimes d’une calamité.»
Khadidja l’accompagne alors chez son cousin Waraqah Ibn Nawfal Ibn Asad Ibn Abdul-’Uzza, qui, pendant la période pré-islamique, s’était converti au christianisme et s’était attaché à l’apprentissage de l’hébreu... Il écrivait l’Evangile en hébreu autant que Dieu le permettait. C’était un vieil homme et il avait pratiquement perdu la vue. Khadidjah dit à Waraqah : «Ecoute l’histoire de ton neveu, Ô mon cousin !» Waraqah demanda : «Ô mon neveu ! Qu’as-tu vu ?»
L’Envoyé de Dieu décrivit tout ce qu’il avait vu. Waraqah dit : «C’est celui (l’ange Gabriel) qui garde les secrets, qui a été envoyé par Dieu à Moïse. Comme j’aurai aimé être encore jeune et pouvoir vivre jusqu’au moment où ton peuple te chassera.»
L’Envoyé de Dieu demanda : «Vont-ils me chasser ?»
Waraqah lui répondit par l’affirmative et dit : «Quiconque est venu avec quelque chose de semblable à ce que tu as rapporté a toujours été traité avec hostilité et si je devais rester en vie jusqu’au jour où tu seras chassé alors je te soutiendrai fortement.»
Mais après quelques jours, Waraqah mourut.
Le Messager de Dieu et Khadîdja continuèrent à prier en secret aussi longtemps que Dieu le voulut.
Afeef al-Kanaâdee rapporte : «Je vins à la Mecque pendant les jours d’Ignorance et je voulais vendre pour le compte de ma famille des vêtements et du parfum. J’allai chez Al-Abbas Ibn Abdelmouttalib.»Il dit : «Pendant que j’étais dans sa maison, je regardais la Kaâbah. Alors un jeune homme leva sa tête vers le ciel et se tourna, debout, en direction de la Kaâbah. Un adolescent vint et se mit à sa droite. Il ne s’écoula pas beaucoup de temps jusqu’à ce qu’une femme vint et se mit derrière eux. Alors le jeune homme se courba, puis l’adolescent et la femme se courbèrent. Le jeune homme leva sa tête et l’adolescent et la femme la levèrent. Alors le jeune homme se prosterna et l’adolescent et la femme se prosternèrent. « Il continue : «Alors, je dis : «Ô Abbas ! Vraiment, je vois un grand homme» Abbâs répondit : «Une question importante : Sais-tu quel est ce jeune homme ? « Je dis : «Non.» Il dit : «C’est Mohamed Ibn Abdallah Ibn Abdelmouttalib, mon neveu. Sais-tu quelle est cette femme ?». Je dis : «Je ne sais pas «. Il répliqua : «C’est Khadidja bint Khouwaylid, la femme de mon neveu... Mon neveu, que tu as vu, nous a rapporté que son Seigneur est le Seigneur des Cieux et de la Terre et qu’il lui a ordonné cette religion qu’il suit. Je jure par Dieu que je ne connais personne d’autre sur Terre qui suit cette religion à part eux. «Afeef dit : «Je voulais être le quatrième (à leurs côtés)...»Le Messager de Dieu honorait Khadidja et l’aimait. Il n’était jamais en désaccord avec elle, et ce, avant même de recevoir la révélation.
Il pensait beaucoup à elle après sa mort et ne se lassait pas de prier pour elle; au point qu’Aicha, la Mère des Croyants, en fut jalouse et dit au Prophète : «Véritablement Dieu t’a donné mieux que cette vieille femme.»
Le Prophète se mit en colère et dit : «Non, par Dieu, je jure que Dieu ne m’a jamais rien donné de meilleur qu’elle. Elle fut la femme qui crut en moi quand personne d’autre ne me croyait. Elle a affirmé que je disais vrai quand tout le monde m’accusait de mentir. Elle me soutint avec son argent quand tout le monde m’infligeait des privations. Et Dieu m’apporta à travers elle des enfants, alors qu’aucune autre femme ne m’en a donné.»
En fait, le Prophète fut si en colère à propos de ce que j’avais dit que son front trembla.
Alors je me suis dis : «Ô Dieu, si le Messager de Dieu se calme, je ne dirais plus jamais de choses comme ça.»
Aicha dit également : «Je n’ai jamais été jalouse d’une autre épouse du Prophète comme je l’ai été de Khadidja. Pourtant, je ne l’ai pas vu, mais le Prophète se souvenait beaucoup d’elle. Parfois, il sacrifiait un mouton, le coupait en morceaux et les envoyait aux amis de Khadidja et il disait : «Comment puis-je l’oublier ? Elle m’a aussi donné les enfants les plus affectueux.»
Aicha dit encore : «Le Messager de Dieu quittait rarement la maison avant d’avoir parlé de Khadidjah et d’avoir prié pour elle».
Khadidja, Mère des Croyants, mourut en aidant le Messager de Dieu à transmettre l’appel de l’islam. Elle quitta ce monde trois années avant l’émigration à Médine, à l’âge de 65 ans, durant l’embargo de Quoraïch contre les Musulmans.. Le Prophète l’enterra de ses propres mains. Sa mort fut une grande source de tristesse pour le Prophète. Qu’Allah soit satisfait d’elle et l’agrée !
Maymoûnah Bint Al-Hârith, que Dieu l’agrée :
Maymoûnah Bint Al-Hârith Ibn Hazn des Banoû Hilâl - qu’Allah l’agrée - épousa le Prophète - paix et bénédiction sur lui en l’an 7 après l’Hégire, alors que le Prophète avait soixante ans et qu’elle en avait trente-six. Elle était la veuve d’Abou Rouhm Ibn Abd Al-Ouzzâ. Sa sœur, Oum Al-Fadl Loubâbah, était la mère de Abdallah Ibn ‘Abbâs, le cousin du Prophète et un de ses plus sages compagnons. Oum Al-Fadl faisait partie des premiers Compagnons du Prophète. On dit qu’elle fut la première femme à embrasser l’islam après Khadîjah. Une fois, Abou Lahab, l’ennemi d’Allah et de son Messager, pénétra dans la maison de son frère, Al-Abbâs, et agressa son esclave, Abou Rafi, pour s’être converti à l’Islam.
Abou Lahab le frappa et le fit tomber à terre, il s’agenouilla sur lui, puis continua à le frapper. Oum Al-Fadl saisit un bâton et le fracassa sur la tête d’Abou Lahab disant : «Vas-tu le maltraiter parce que son maître est absent?». Il fut empli de honte et mourut une semaine plus tard. La Mère des Croyants, Zaynab Bint Khouzaymah, était également sa demi-sœur. Parmi ses autres sœurs, il y avait Asma Bint Oumays, la femme de Jaâfar Ibn Abî Tâlib, qui épousa plus tard Abou Bakr, et Salmâ Bint ‘Umays, la femme de Hamzah, le « Lion d’Allah «. Ses sœurs germaines (issues du même père et de la même mère) étaient Lubâbah, Asmâ’, Salmâ et Salâmah. Ainsi Maymounah faisait-elle partie des «Ahloul-Bayt», («les gens de la maison»), non seulement parce qu’elle était une épouse du Prophète - paix et bénédiction sur lui - mais également parce qu’elle était une de ses parentes. Zayd Ibn Arqam rapporte que le Prophète a dit : «Je t’implore Allah en faveur des gens de ma maison!» trois fois. Zayd demanda qui étaient les gens de sa maison, et il répondit: «La famille de ‘Alî Ibn Abî Tâlib, la famille de Jaâfar Ibn Abî Tâlib, la famille de Aqîl Ibn Abî Tâlib et la famille d’Al-Abbâs Ibn Abdelmouttalib.»
Maymoûnah, ou Bourrah de son prénom de naissance, était désireuse d’épouser le Prophète - paix et bénédiction sur lui. Elle alla trouver sa sœur Oum Al-Fadl pour lui en parler et celle-ci, à son tour, en parla à son mari, Al-‘Abbâs. Al Abbas alla directement trouver le Prophète avec l’offre de mariage de Maymoûnah et sa proposition fut acceptée. Quand la bonne nouvelle lui parvint, elle était sur un chameau. Elle descendit immédiatement et dit: «Le chameau et ce qu’il porte sont pour le Messager d’Allah. « Ils se marièrent durant le mois de Chawwâl de l’an 7 après l’Hégire, juste après que les musulmans de Médine aient obtenu la permission de visiter la Mecque sous les conditions du traité d’Al-Houdaybiyah, afin d’effectuer la Oumrah (le petit pèlerinage). Ace propos, Allah fit descendre ce verset :
«Ainsi que toute femme croyante qui se serait donnée au Prophète pourvu que le Prophète ait voulu l’épouser. Ceci est un privilège qui t’es accordé, à l’exclusion des autres croyants.» (Les factions, verset 50).
Le Prophète lui donna le nom Maymoûnah qui signifie bénie. Elle vécut pendant trois ans avec le Prophète jusqu’à sa mort. Elle était de très bonne nature et s’entendait bien avec tout le monde, et aucune querelle ou mésentente avec les autres femmes du Prophète - paix et bénédiction sur lui - ne fut relatée à son sujet. Aïcha dit à son sujet : «Parmi nous, elle était celle qui craignait le plus Allah et elle faisait le maximum pour maintenir les liens de parenté.» Ce fut dans sa chambre que le Prophète - paix et bénédiction sur lui - commença à sentir les effets de sa maladie finale. Il demanda ensuite la permission à ses femmes de rester dans la chambre d’Aïcha pendant cette période.
Après la mort du Prophète (QSSL) Maymoûnah continua à vivre à Médine pendant quatorze autres années. Elle mourut à l’âge de quatre-vingt ans, en 51 après l’Hégire, étant la dernière épouse du Prophète (QSSL) à décéder. Elle demanda à être enterrée à l’endroit où elle avait épousé le Prophète (QSSL), à Saraf, et sa requête fut entendue. On rapporte qu’à ses funérailles, Ibn Abbâs dit: «Ce fut la femme du Messager d’Allah (QSSL) alors, lorsque que vous la soulèverez, ne la secouez pas et ne soyez pas trop brutaux, mais soyez doux.» Il est également rapporté par Ibn `Abbâs qu’il fut une nuit l’invité de Maymoûnah -qui était sa tante- et du Prophète (QSSL). Ils dormirent sur leur couche dans le sens de la longueur, et lui dormit au bout, en travers.
Après qu’ils aient tous dormi un moment, le Prophète (QSSL) se leva pour accomplir la prière du tahajjud (prière nocturne surérogatoire) et Ibn Abbâs se joignit à lui. Ils firent tous deux leurs ablutions et la prière de onze rakaât, puis se couchèrent à nouveau jusqu’à l’aube. Bilâl fit l’appel à la prière et le Prophète fit deux autres rakaât courtes avant de se rendre à la mosquée pour guider la prière de l’aube.
Ibn Abbâs dit qu’une des invocations que le Prophète (QSSL) fit durant cette nuit fut: «Ô Allah, introduit la lumière dans mon cœur, ma langue, mon ouïe, ma vue, derrière moi, devant moi, à ma droite, à ma gauche, au dessus et en dessous de moi; introduit la lumière dans mes tendons, ma chair, mon sang, mes cheveux et ma peau; introduit la lumière dans mon âme et rend la lumière abondante pour moi; accorde moi la lumière.»
Il est communément reconnu que ce fut après le mariage du Prophète (QSSL) avec Maymoûnah, (neuf femmes :Aïcha, Sawdah, Oum Habîbah, Hafsah, Oum Salamah, Zaynab Bint Jahsh, Jouwayriyyah, Safiyyah et Maymoûnah), que le verset suivant fut révélé : «Il ne t’est plus permis de changer d’épouses ni de prendre d’autres femmes, en dehors de tes esclaves même si tu es charmé par la beauté de certaines d’entre elles. Dieu voit parfaitement toutes choses.» (Les factions, verset 52)
Aïcha Bint Abi Bakr, que Dieu l’agrée :
La vie de Aïcha est la preuve qu’une femme peut être bien plus instruite qu’un homme et qu’elle peut être le professeur de savants et d’experts. Sa vie montre aussi qu’une femme peut exercer une influence sur les hommes et les femmes et leur apporter l’inspiration et l’union. Sa vie est enfin la preuve que cette même femme peut être complètement féminine et être une source de plaisir, de joie et de réconfort pour son mari.
Elle ne fut diplômée d’aucune université car il n’y avait pas d’universités à cette époque. Cependant, ses discours sont étudiées dans les facultés de littérature, ses déclarations juridiques sont étudiées dans les Ecoles de Droit et sa vie ainsi que ses œuvres sont étudiées par des étudiants et des enseignants en Histoire Islamique depuis un millier d’années.
L’essentiel de ses vastes connaissances fut acquis alors qu’elle était encore jeune. Dans sa petite enfance, elle fut élevée par son père qui était très aimé et respecté car c’était un homme qui disposait d’un grand savoir, de manières courtoises et d’une présence agréable. De plus, il était l’ami le plus proche du noble Prophète qui lui rendait souvent visite, et ce, depuis les tous premiers jours de sa mission.
Dans sa jeunesse, déjà connue pour sa frappante beauté et sa formidable mémoire, le Prophète lui-même lui porta un soin et une attention particuliers. En tant qu’épouse et compagne du Prophète, elle acquit un savoir et une perspicacité qu’aucune autre femme n’a atteints à ce jour.
Aïcha devint la femme du Prophète à la Mecque, mais son mariage ne fut pas célébré avant la deuxième année de l’Hégire, alors qu’elle avait entre quatorze et quinze ans. Avant et après son mariage, elle garda une jovialité et une innocence naturelles et ne semblait pas intimidée par l’idée d’être mariée au Messager de Dieu, lui que tous ses compagnons, y compris les parents de Aïcha, traitaient avec un amour et une révérence qu’ils ne vouaient à aucune autre personne.
Des femmes vinrent me chercher pour me préparer».
Elles la vêtirent d’une robe de mariage faite à partir d’une fine étoffe ornée de rayures rouges, venant du Bahrein, puis sa mère l’amena vers la maison nouvellement construite où quelques femmes des Ansars attendaient devant l’entrée. Elle la félicitèrent avec ces mots : «Que le bien et le bonheur soient toujours présents ! « Puis, en la présence du Prophète souriant, un bol de lait fut apporté. Le Prophète but de ce lait et en offrit à Aïcha. Elle refusa timidement mais, lorsqu’il insista, elle fit de même et proposa le bol à sa sœur Asmâ qui était assise derrière elle. D’autres personnes en burent également, et ce fut tout de leur simple et solennelle cérémonie de mariage. Il n’y eut pas de fête. Son mariage avec le Prophète ne changea pas son comportement enjoué. Ces jeunes amies allaient régulièrement lui rendre visite dans ses appartements.
Les premiers temps qu’Aïcha vécut à Médine furent également les moments les plus graves et les plus anxieux. Une fois, son père et deux compagnons qui étaient avec lui attrapèrent une fièvre dangereuse qui était fréquente à Médine durant certaines saisons. Un matin, Aïcha alla lui rendre visite et fut stupéfaite de trouver les trois hommes gisants faibles et exténués. Elle demanda à son père comment il allait et lui répondit dans un style qu’elle ne put comprendre. Les deux autres lui répondirent également avec des vers de poésie qui lui semblaient n’être que des bredouillements inintelligibles. Elle fut profondément troublée et rentra auprès du Prophète en disant :
«Ils divaguent complètement à cause de leur forte fièvre». Le Prophète demanda ce qu’ils avaient dit et fut quelque peu rassuré lorsqu’elle répéta certains des mots des vers qu’ils avaient récités et qui avaient un sens, même si elle ne les comprenait pas complètement. Ceci est une démonstration de son grand potentiel de mémorisation, qui, au fil des années, allait servir à préserver les précieux dires du Prophète.
La réponse de Aïcha fut la suivante :
«En vérité, je recherche Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà « et sa réponse fut suivie par celles de toutes les autres. Elle resta fidèle à son choix durant toute la vie du Prophète - paix et bénédictions sur lui - et après. Plus tard, lorsque les musulmans eurent accès à de grandes richesses, on lui offrit un don de cent milles dirhams. Elle était en état de jeûne lorsqu’elle reçut cet argent et elle le distribua entièrement aux pauvres et aux nécessiteux alors qu’elle n’avait aucune provision chez elle. Peu de temps après, une servante lui dit: «peux-tu acheter de la viande pour un dirham afin de rompre ton jeûne?». «Si je m’en étais souvenu, je l’aurais fait» dit-elle.
L’affection du Prophète pour Aïcha dura jusqu’à la fin. Pendant sa maladie, après suggestion de ses femmes, il resta dans ses appartements. La plupart du temps, il restait allongé sur un matelas, la tête reposant sur la poitrine ou les genoux de la Mère des Croyants Aïcha. C’est elle qui pris un siwâk auprès de son frère, le mâcha afin de le ramollir et le donna au Prophète. Malgré sa faiblesse, il frottait ses dents avec de façon vigoureuse. Peu de temps après, il perdit conscience et Aïcha pensa que c’était la mort qui était arrivée, mais il ouvrit les yeux une heure plus tard.
Aïcha est celle qui a rapporté pour nous ces moments d’agonie de l’homme le plus honoré de la création d’Allah, son Messager bien-aimé.
Quand il ouvrit les yeux encore une fois, Aïcha se rappela qu’il lui avait dit : «Aucun Prophète n’est emporté par la mort, jusqu’à que sa place au Paradis lui soit montrée et que le choix de vivre ou de mourir lui soit donné». «Maintenant, il ne nous choisira pas «se dit-elle, quand elle l’entendit murmurer: «Avec l’Assemblée suprême au Paradis, avec ceux à qui Dieu a donné ses faveurs, les prophètes, les martyrs et les droits...». Puis elle l’entendit encore murmurer: «O Seigneur, avec l’Assemblée suprême», et ce furent les derniers mots qu’elle l’entendit prononcer. Progressivement, sa tête se fit plus lourde sur sa poitrine et d’autres personnes dans la pièce se mirent à se lamenter, puis, Aïcha posa sa tête sur un oreiller et les rejoignit dans leurs lamentations.
Sur le sol de la chambre de Aïcha, près du matelas où était allongé le Prophète, on creusa la tombe où il fut enterré dans une profonde tristesse et un grand chagrin. Aïcha vécut environ cinquante ans après la mort du Prophète - paix et bénédictions sur lui -. Elle fut sa femme durant dix années. La plupart de son temps passa dans l’apprentissage et l’acquisition du savoir des deux plus importantes sources de la guidance d’Allah ; Le Coran et la Sunnah de son Prophète. Aïcha fut parmi les trois femmes (les deux autres furent Hafsah et Oum Salamah) qui mémorisèrent la Révélation. Tout comme Hafsah, elle eut son propre manuscrit du Coran après la mort du Prophète.
En ce qui concerne les Hadiths ou les dires du Prophète, Aïcha est une des quatre personnes (les trois autres étant Abou Hourayrah, Abdallah Ibn Omar et Anas ibn Malik) qui transmirent plus de deux milles hadîths. Nombreux sont les récits concernant des aspects intimes de la personnalité du Prophète que seule une personne dans la position de Aïcha aurait pu connaître. Le plus important, c’est que sa connaissance des hadiths fut transmise par écrit par au moins trois personnes, dont son neveu Ourwah qui devint un des plus grands savants de la génération suivant celle des compagnons.
Beaucoup de compagnons du Prophète et de leurs successeurs ont bénéficié du savoir de Aïcha. Abou Moussa Al-Achaâri dit une fois : «Si les compagnons du Messager de Dieu rencontraient quelque difficulté que ce soit sur un sujet précis, ils interrogeaient Aïcha».
Son neveu Ourwah affirma qu’elle était brillante, non seulement en matière de Fiqh, mais aussi en médecine et en poésie. Beaucoup de compagnons du Prophète - paix et bénédictions sur lui - sont venus lui demander conseil à propos de questions d’héritage.
Les savants la considèrent comme faisant partie des premiers Fouqaha (Jurisconsultes) de l’Islam avec d’autres personnes telles que Omar Ibn Al-Khattâb, ‘Ali et Abdallah Ibn Abbâs. En ce qui concerne son immense savoir, cette parole du Prophète est rapportée : «Apprenez une partie de votre religion (din) auprès de la houmayrâ - fille rousse». «Houmayra», voulant dire «Rousse», était une épithète donnée à ‘Aïcha par le Prophète - paix et bénédictions sur lui -.
Aïcha ne possédait pas seulement le savoir, mais elle fut également très active au niveau de l’éducation et des réformes sociales. En tant que professeur, elle avait une façon de s’exprimer claire et persuasive et ses capacités oratoires furent décrites par Al-Ahnaf en des termes superlatifs. Il dit : « J’ai entendu des discours d’Abou Bakr, Omar, Othman et Alî et des Califes jusqu’à ce jour, mais je n’ai jamais entendu de discours plus persuasifs et aussi beaux que ceux qui sont sortis de la bouche de Aïcha».
Hommes et femmes venaient de loin pour profiter de son savoir. Il est dit qu’il y avait plus de femmes que d’hommes. En plus de répondre à des questions, elle prenait sous sa garde les garçons et les filles, nombre d’entre eux étant orphelins, et leur enseignait avec soin. Et ceci en plus de ses proches qui recevaient une éducation de sa part. Ainsi, sa maison devint une école et une académie.
Certains de ses étudiants étaient remarquables. Nous avons déjà mentionné son neveu Ourwah comme étant un rapporteur de hadiths distingué. Parmi ses élèves femmes, il y eut Oumrah Bint Abderrahmane. Elle est considérée par les savants comme faisant partie des narrateurs de hadiths les plus fiables et est connue pour avoir été la secrétaire de Aïcha, recevant et répondant aux lettres qui lui étaient adressées. L’exemple de ‘Aïcha mettant l’accent sur l’éducation et en particulier sur l’éducation des femmes musulmanes et un exemple à suivre.
Après Khadiîjah Al-Koubra (la plus grande) et Fâtimah Az-Zahrâ’ (la resplendissante), Aïcha As-Siddîqah (la véridique) est considérée comme la meilleure femme en Islam. Du fait de sa forte personnalité, elle fut leader dans tous les domaines de la connaissance, dans la société, en politique et en matière de guerre. Elle regretta souvent son implication dans la guerre mais elle vécut assez longtemps pour retrouver la position de femme la plus respectée de son temps. Elle mourut durant l’année 58 de l’Hégire, pendant le mois de Ramadan, et comme elle l’avait requis, elle fut enterrée dans le Jannat Al-Baqî, dans la ville illuminée, là où d’autres compagnons du Prophète sont enterrés.
Safiyyah Bint Houyay, que Dieu l’agrée :
Elle s’appelle Safiyyah Bint Houyay Ibn Akhtab Ibn Saâyah Ibn Thaâlabah Ibn Oubayd Ibn Kaâb Ibn Al-Khazraj Ibn Abî Habîb Ibn An-Nadîr Ibn An-Nahâm - on dit aussi Ibn Nâkhûm, ou encore Yankhoûm, ou enfin Nakhoûm. Ils descendaient des enfants d’Israël de la lignée de Lévi fils de Jacob puis de Haroun (Aaron) le frère de Moïse. Sa mère s’appelle Burrah Bint Samuel. Elle fut l’épouse de Michkam le juif puis de Khalaf.
Safiyyah Bint Houyayy - que Dieu soit satisfait d’elle - épousa le Prophète Mohamed en l’an 7 de l’Hégire. Elle avait alors dix sept ans et lui soixante. Son mariage, comme pour Jouwayriyyah Bint Al-Hârith, eut lieu après une grande bataille de l’Islam, en l’occurrence celle de Khaybar.
Bilâl faisait partie de cette expédition. A la fin du combat, il présenta deux femmes au Prophète - paix et bénédictions sur lui. Sur leur chemin, lui et ses deux prisonnières avaient dû traverser le champ de bataille et passer près des guerriers tués pendant le combat. L’une des femmes hurlait et se couvrait le visage de poussière alors que l’autre était muette d’effroi. La deuxième femme n’était autre que Safiyyah, la fille de Houyayy Ibn Akhtab, le chef des Banoû An-Nadîr qui avaient été expulsés de Médine en l’an 4 de l’Hégire pour avoir comploté contre le Prophète (ils avaient projeté de le tuer en laissant tomber une pierre sur sa tête alors qu’il discutait avec leurs chefs). Par ailleurs, Safiyyah était une descendante de Haroun, le frère du Prophète Moise - que la paix soit sur eux. La femme bruyante qui l’accompagnait était sa cousine. Le Prophète Mohamed demanda à ce que l’on s’occupe de la cousine et plaça la cape qu’il portait sur les épaules de Safiyyah dont l’époux venait d’être tué pendant la bataille. C’était un simple geste de compassion, mais à partir de ce moment-là, elle fut honorée et tenue en haute estime par la communauté musulmane. Le Prophète se tourna ensuite vers Bilâl et lui dit : «Bilâl, est-ce qu’Allah a enlevé toute pitié de ton cœur pour que tu fasses passer ces femmes à l’endroit même où leurs hommes ont été tués? « A en juger les rares critiques que le Messager d’Allah émettait sur le comportement de ceux qui le servaient, il s’agissait là d’une sévère réprimande. Anas Ibn Mâlik racontait : «J’ai servi le Messager d’Allah - paix et bénédictions sur lui - pendant huit ans. Pas une seule fois il ne m’a fait de reproche sur ce que j’avais fait ou ce que je n’avais pas fait.» Tout comme Oum Habîbah, Safiyyah était la fille d’un grand chef. Seul le Prophète - paix et bénédictions sur lui - pouvait empêcher qu’elle passe d’un haut rang à celui d’esclave. Bien que son père ait planifié l’assassinat de Mohamed après la bataille de Ouhoud et qu’il ait comploté avec les Banou Quraydhah l’extermination de tous les Musulmans pendant la bataille du Fossé, le Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui - ne nourrissait aucun sentiment d’inimité. Pour ceux qui déviaient, il ressentait de la pitié plutôt que de la colère et pour les innocents, il éprouvait davantage de compassion.
Safiyyah accepta immédiatement l’invitation à l’Islam du Prophète Mohamed. Une fois affranchie, il l’épousa. Certains peuvent se demander comment Safiyyah put accepter l’Islam et épouser le Prophète - paix et bénédictions sur lui - alors que son père avait été un ennemi acharné et que le sang avait abondamment coulé entre Juifs et Musulmans. On peut trouver des éléments de réponse dans ce que Safiyyah relatait de sa jeunesse en tant que fille du chef des Banou An-Nadîr.
Elle disait : «J’étais la favorite de mon père et de mon oncle Yâsir. Chaque fois que j’étais en compagnie de l’un de leurs enfants, ils me portaient dans leurs bras. Quand le Messager d’Allah - paix et bénédictions sur lui - arriva à Médine, mon père et mon oncle allèrent le voir. C’était très tôt le matin, entre l’aube et le lever du soleil. Ils revinrent bien plus tard. Ils étaient complètement usés et déprimés, et rentraient d’un pas lourd et lent.
Je leur souris comme toujours, mais ni l’un ni l’autre ne fit attention à moi parce qu’ils étaient si misérables. J’ai entendu Abû Yâsir demander à mon père :
«-Est-ce lui ?
- Oui c’est bien lui.
- L’as-tu reconnu ? En es-tu sûr ?
- Oh oui ! Je ne l’ai que trop bien reconnu.
- Qu’éprouves-tu à son égard ?
- De l’hostilité ! De l’hostilité à jamais.»
Cette conversation fait évidemment référence à la Torah des Juifs. Elle prédisait la venue d’un Prophète qui allait mener ceux qui le suivraient à la victoire. Avant l’arrivée du Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui - à Médine, les Juifs avaient pour habitude de menacer les adorateurs d’idoles de Yathrib à la venue du Messie. Avec lui, ils prétendaient exterminer les tribus qui refusaient de croire en Dieu. Le Prophète Jésus - paix et bénédictions sur lui - avait été clairement décrit dans la Torah sans pour autant être accepté par les Juifs quand il vint à eux. De même, la Torah décrivait clairement le dernier Prophète de sorte que les Juifs puissent le reconnaître aisément. Ainsi Kaâb Al-Ahbâr, l’un des Juifs de l’époque qui avait embrassé l’Islam racontait que ce Prophète était décrit dans la Torah en ces termes :
«Mon serviteur, Ahmed, l’Elu, naîtra à la Mecque puis émigrera vers Médine (ou Tayyibah - une des autres appellations de Yathrib). Sa communauté sera celle qui louera Allah à tout moment.»
Amr Ibn Al-‘Âs rapportait qu’on peut lire aussi dans la Torah : « O Prophète, Nous t’avons envoyé afin que tu témoignes, que tu apportes la bonne nouvelle, que tu mettes en garde et que tu sois un refuge pour les illettrés. Tu es Mon serviteur et Mon messager. J’ai fait de toi un soutien pour les gens.
Tu n’es ni grossier ni vulgaire, tu ne colportes pas les commérages, tu ne réponds pas au mal par le mal, tu absous plutôt et pardonnes.
Allah ne le rappellera à Lui avant d’avoir redressé la communauté déviante. Ce jour-là, elle dira : « Il n’y a d’autre dieu que Lui. «Avec lui, les aveugles verront, les sourds entendront et les cœurs scellés s’ouvriront.»
Ces passages de la Torah ont convaincu le plus érudit des rabbins juifs, Abdallah Ibn Salâm d’embrasser l’Islam lorsqu’il vit Mohamed - paix et bénédictions sur lui.
Ce sont également ces détails qui avaient permis à Houyayy Ibn Akhtab de le reconnaître. Toutefois, Houyayy comme la majorité des Juifs était profondément déçu que le dernier Prophète - paix et bénédictions sur lui - soit un descendant d’Isma’il et non d’Ishâq (à savoir les deux fils du Prophète Ibrâhîm, que la paix soit sur eux). Ils proclamaient être les descendants exclusifs d’Ishâq, par son fils, Yaâqâb (connu également sous le nom d’Israël), qui eut douze fils donnant les douze tribus d’Israël.
Au-delà du refus de l’origine du dernier Prophète, Huyayy n’appréciait pas l’idée de perdre son emprise et son pouvoir sur son peuple. C’est pourquoi il était déterminé à secrètement lutter contre le Prophète Mohamed - paix et bénédictions sur lui. Lui et les autres chefs juifs concluaient, en effet, des traités de paix avec les Musulmans et se hâtaient de les rompre aussitôt que cela leur semblait favorable de le faire.
Malgré sa parenté avec Huyayy, Safiyyah avait un cœur pur. Elle avait toujours souhaité adorer son Créateur et Seigneur, Celui qui avait envoyé Moise, Jésus, et enfin Mohamed (que la paix soit sur eux tous). Ainsi, saisit-elle immédiatement l’occasion de suivre le dernier Prophète et de l’épouser. Safiyyah avait certes trouvé en Mohamed - paix et bénédictions sur lui - le plus doux et le plus prévenant des époux, sans pour autant être bien acceptée par ses autres épouses, particulièrement à son arrivée. Anas rapporta qu’un jour le Prophète - paix et bénédictions sur lui - trouva Safiyyah en train de pleurer. Quand il l’interrogea sur la cause de ses larmes, elle répondit qu’elle avait entendu Hafsah la décrire de façon peu flatteuse comme» une fille de Juif».
Le Prophète rétorqua: «Tu es assurément la fille d’un Prophète (Hâroun), la nièce d’un Prophète (Moise), et l’épouse d’un Prophète (Mohamed). Y-a-t-il là de quoi être méprisant à ton égard ? « Il dit ensuite à Hafsah: «Ô Hafsah, crains Dieu ! «
Un jour, le Prophète voyageait en compagnie de Safiyyah et de Zaynab Bint Jahsh. Le chameau de Safiyyah se blessa. Zaynab ayant un chameau supplémentaire, le Prophète lui demanda de le donner à Safiyyah. Zaynab répondit : «Devrais-je donner à cette Juive ? «De colère, le Prophète - paix et bénédictions sur lui - se détourna d’elle pendant deux ou trois mois afin de lui exprimer son désaccord. Quelques trois années plus tard, quand Mohamed - paix et bénédictions sur lui- arrivait au terme de sa vie, Safiyyah compatissait profondément et sincèrement : «Ô Messager d’Allah, si seulement je pouvais souffrir à ta place. «Certaines de ses épouses la prirent à la légère ce qui agaça le Prophète. Il s’exclama : «Par Allah, elle dit vrai !»
Même après la mort du Prophète, elle connut de moments difficiles. Une de ses esclaves alla trouver le Commandeur des Croyants Omar pour lui dire : «Ô Commandeur des Croyants ! Safiyyah aime le shabbat et elle conserve des liens avec les Juifs ! «Omar s’en enquit auprès de Safiyyah qui lui répondit : «Je n’aime plus le shabbat depuis qu’Allah l’a remplacé par le vendredi. Les seuls contacts que j’aie conservés avec les Juifs sont ceux de ma famille.»Elle interrogea sa servante pour savoir ce qui l’avait poussée à mentir à Omar. Elle répondit : «C’est le diable» Alors Safiyyah l’affranchit.
Safiyyah vécut avec le Prophète pendant environ quatre ans. Elle n’avait que vingt et un ans quand le Prophète mourut. Elle resta veuve les trente neuf années qui suivirent. Elle décéda à son tour en l’an 50 de l’Hégire à l’âge de soixante ans - puisse Dieu être satisfait d’elle.